Suite du voyage: Hosur
Paix, méditation et stades supérieurs de conscience
Daaji: Le message de la Bhagavad Gita est celui-ci: le bonheur nâest possible que lorsque nous sommes en paix. Lorsque nous sommes agitĂ©s, pouvons-nous apprĂ©cier le bonheur? Cela semble paradoxal. Comment parvenir Ă cet Ă©tat de paix? Le Seigneur Krishna dit que nous nây parvenons que grĂące Ă la contemplation. Comment est-ce possible? Par la pensĂ©e focalisĂ©e. Et comment est-il possible de penser de maniĂšre focalisĂ©e? Uniquement par la mĂ©ditation.
Dans la Gita, le Seigneur Krishna explique encore que tout en Ă©tant assoupi, un Yogi est pleinement conscient. Câest cela, lâĂ©tat Turiya. Dans le Sahaj Samadhi, nous sommes pleinement conscients, tout en Ă©tant si absorbĂ©s avec une activitĂ© cĂ©rĂ©brale minimale. Dans cet Ă©tat, on nâanticipe pas de coups de fil, ou de problĂšmes futurs ou prĂ©sents et on ne soucie du passĂ©. Nous sommes dans lâinstant prĂ©sent. Câest lâĂ©tat Turiya. Ensuite, une fois rĂ©alisĂ© lâĂ©tat Turiya, quel effet va-t-il gĂ©nĂ©rer? Cet Ă©tat Turiya devient la cause de lâĂ©tat Turiyateet. LâĂ©tat Turiyateet signifie quelque chose au-delĂ de lâĂ©tat Turiya.
DâaprĂšs ce que je comprends, exprimĂ© simplement, Turiyateet est lâĂ©tat Turiya prolongĂ© au cours des activitĂ©s quotidiennes, les yeux ouverts. Et au Sahaj Marg, cela est facilitĂ© trĂšs simplement par le souvenir constant. Vous ĂȘtes tellement absorbĂ© dans le MaĂźtre, dans son amour, vous continuez Ă faire votre travail comme si câĂ©tait du prasad que vous Lui offriez. Tout ce que vous faites dans la journĂ©e devient prasad, devient offrande. Lorsque vous ĂȘtes dans une telle attention par rapport Ă vos actes, votre mental ne pourra pas ĂȘtre perturbĂ© et coopĂ©rera toujours paisiblement. Câest ça Turiyateet. Alors, quel sera lâeffet produit par cet Ă©tat? La fusion. Ce nâest que lorsque nous sommes dans cet Ă©tat que la fusion devient possible. Sans lâĂ©tat Turiyateet, vous ne pouvez mĂȘme pas commencer Ă fusionner; vous nâavez mĂȘme pas effleurĂ© la question. Câest la raison pour laquelle Babuji Maharaj dit que ce nâest quâaprĂšs ĂȘtre arrivĂ© Ă lâĂ©tat de fusion que commence notre vĂ©ritable voyage spirituel.
à Tiruppƫr
Ănergie positive et Ă©nergie nĂ©gative
Lors dâune soirĂ©e au DJ Park ashram, une jeune fille enthousiaste a rencontrĂ© Daaji. Elle Ă©tait toute heureuse de lui dire Ă quel point elle avait attendu de le rencontrer et que voilĂ , câĂ©tait arrivĂ©. Ils ont discutĂ© tous les deux et cette jeune fille disait que, selon la thĂ©orie dâEinstein, le voyage dans le temps ne devrait pas ĂȘtre possible. Daaji a rĂ©pondu que si voyager physiquement dans le temps nâest probablement pas possible, cependant du point de vue spirituel, il est possible de remonter et dâavancer dans le temps. Il est possible de remonter dans le temps et de retirer des obstacles qui affectent le progrĂšs dâune personne. Il est Ă©galement possible de jeter un coup dâĆil dans le futur.
Cette jeune scientifique a haussĂ© les sourcils de stupĂ©faction et elle sâest alors mise Ă parler de lâĂ©nergie et des effets du toucher. Elle a dit quâon ne devrait jamais toucher les autres avec lâindex, car cette action enlĂšve lâĂ©nergie positive.
Daaji a rĂ©pondu: «Nous ne devrions pas ĂȘtre restrictifs dans nos pensĂ©es. Quâest-ce que la Transmission? Câest lâĂ©nergie utilisĂ©e pour le progrĂšs dâautrui. Un Guru transmet son Essence Divine (Ă©nergie positive) pour le bien dâautrui.»
La jeune fille a acquiescĂ© en hochant la tĂȘte.

Ă la fin de la discussion, au moment de partir, elle sâest approchĂ©e de lui pour faire une photo; Daaji a alors pointĂ© du doigt lâĂ©paule de la jeune fille avec son index. Elle a fait de mĂȘme, en touchant Ă son tour lâĂ©paule de Daaji avec le sien.
Daaji lui a dit en riant: «Tu vois, Ă prĂ©sent tu me donnes de lâĂ©nergie nĂ©gative!»
Elle a ri et fait mine de la retirer comme un magicien avec un geste de tous ses doigts. Dans ce petit geste, il y avait de la joie et le signe dâune profonde leçon sur lâacte de âdonnerâ.
Tard dans la soirĂ©e, Daaji a dĂ©cidĂ© de prolonger son voyage jusquâau Kerala pour y rencontrer les pratiquants. Le voyage dans âle propre pays de Dieuâ allait commencer!
Vendredi 6 avril: Coimbatore et Aluva
Le pays de Dieu
Daaji est parti de DJ Park Ă 6h20, pour aller Ă Coimbatore; il est arrivĂ© Ă 7h30 Ă lâashram de Nachipallyam. Il a conduit la mĂ©ditation de groupe et sâest reposĂ©.

Il avait hĂąte de se rendre au Kerala, il est donc parti par la route vers 13h30. Pendant le trajet, Daaji Ă©tait impressionnĂ© par le paysage dâune verdure luxuriante. Il nâa cessĂ© de sâĂ©merveiller et a fait remarquer: «Câest vraiment le propre pays de Dieu.»
Il a profité du voyage en alternant des moments de silence, de la musique, et en partageant ses observations.
Un mental de méditant
Pendant le voyage, Daaji a fait observer combien nous souffrons et rĂ©agissons dans la vie, sous lâeffet des Ă©motions: il a expliquĂ© comment un malentendu peut dĂ©clencher une charge Ă©motionnelle qui va causer de la colĂšre et des problĂšmes relationnels. Daaji a illustrĂ© cela avec lâhistoire dâun roi et du MaĂźtre Soufi, Junayd.
Daaji: Junayd Ă©tait lâun des plus grands MaĂźtres Soufi et le roi vint le voir car il voulait devenir son disciple.
Junayd ne voulait pas dire directement ânonâ au roi, bien quâil sentit que celui-ci nâĂ©tait pas prĂȘt pour lâinitiation spirituelle; il nâa donc cessĂ© de la reporter plutĂŽt que de sâattirer des ennuis: «Faisons-le la semaine prochaine.»
Le roi le suivait partout et il Ă©tait difficile pour Junayd de sâen libĂ©rer. Comme il Ă©tait roi, il sâimposait.
Finalement Junayd lui dit: «Dâaccord, je vais vous initier Ă mon systĂšme dans une semaine.»
Junayd Ă©tait malin; il monta un scĂ©nario. Il traversa la riviĂšre depuis sa ville jusquâĂ lâendroit oĂč vivait sa famille. Assis sous un arbre, il convia une femme Ă le rejoindre; ils sâinstallĂšrent lĂ , autour de coupes superbement disposĂ©es et passĂšrent presque deux ou trois heures Ă savourer mutuellement leur compagnie, Ă se verser des verres de la boisson contenue dans la jarre et Ă sâoffrir mutuellement de la nourriture.
Le roi assistait Ă tout cela depuis lâautre rive.
«Quâest-ce que cet homme peut bien faire lĂ ? Il est avec une femme et il se targue dâĂȘtre un MaĂźtre! Et non seulement est-il assis avec elle, mais il se fait tard aussi Ă prĂ©sent et Dieu sait ce quâils font dâautre. Ils sont en train de boire de lâalcool.»
Alors il les rejoignit et dĂ©barqua devant eux en criant: «Quelle sorte de MaĂźtre ĂȘtes-vous donc?» Il se mit Ă lâinjurier tellement il Ă©tait en rage! «Maintenant je vais vous chasser de mon royaume, vous refusez de me donner lâinitiation.»
Et la scĂšne se poursuivit sur ce ton…
Junayd lui dit alors: «Seigneur, pardonnez-moi, vous ĂȘtes le roi. Je vous ai dit que vous nâĂ©tiez pas prĂȘt pour cela.» Puis il tendit un verre au roi: «GoĂ»tez-le câest juste du jus de fruit.»
«Et qui est cette femme?» demanda le roi?
La femme ĂŽta son voile et il put voir que câĂ©tait la mĂšre de Junayd.
Le Soufi dit alors: «Vous nâĂȘtes vraiment pas prĂȘt Ă devenir mon disciple, car vous doutez tout le temps. Votre mental est plein de prĂ©jugĂ©s.»
Câest une belle histoire qui montre comment le mental interprĂšte les faits. Vos yeux ont vu correctement mais votre esprit plein de prĂ©jugĂ©s interprĂšte les faits comme vous voulez bien les voir. Tant que cette charge Ă©motionnelle nâest pas clarifiĂ©e, tout cela nâa rien Ă voir avec votre nature rĂ©elle. Parfois vous vous mĂ©prenez sur toute la ligne, mĂȘme si ce nâest pas dans vos tendances de vous mettre en colĂšre.
Alors que se passe-t-il dans ce cas de figure? Ce malentendu peut causer de lâirritation, de la colĂšre et gĂącher une relation. Et on entend souvent les gens dire: «Oh, je me suis mis en colĂšre.» Et naturellement, le tout par ignorance et Ă partir dâun malentendu! Câest pour cela quâil est trĂšs important de comprendre la situation. Pourquoi telle chose a Ă©tĂ© faite, par qui, Ă quel moment, et oĂč. Tout cela fait partie des paramĂštres Ă prendre en compte.
Q: Alors le mental dâun mĂ©ditant doit-il toujours chercher Ă comprendre?
Daaji: Toujours, sinon nous nous privons de lâexpansion. Le mental dâun mĂ©ditant sâefforce toujours de pardonner. Nous ne pouvons pas porter ce poids. Câest trop lourd. MĂȘme si câest exact. «Ok, vous avez pris un verre avec votre mĂšre. Et bien prenez-en un autre!»
Vers 15 heures, Daaji a fait halte prĂšs de Trissur chez un pratiquant. Il y a conduit la mĂ©ditation et a passĂ© un moment avec un groupe de pratiquants trĂšs affectueux. Il a ensuite poursuivi son voyage, et aprĂšs une brĂšve Ă©tape Ă Kochi, il est arrivĂ© Ă lâashram dâAluva, tard dans la soirĂ©e. Ces voyages amĂšnent nos groupes Ă se rassembler et aller plus profondĂ©ment dans la spiritualitĂ©.
Samedi 7 avril: Aluva
PrĂšs dâun millier de pratiquants Ă©taient prĂ©sents Ă lâashram dâAluva. Ă 9 heures, Daaji a conduit la mĂ©ditation de groupe, elle a durĂ© une heure. Ensuite, il a parlĂ© briĂšvement pour fĂ©liciter lâassemblĂ©e des pratiquants et leurs centres pour la merveilleuse qualitĂ© de la mĂ©ditation et de la condition spirituelle.
Quand les MaĂźtres sont satisfaits
Daaji: Hier, en partant de Tiruppur, quelques pratiquants me mettaient la pression: «Pourquoi allez-vous au Kerala? Les pratiquants du Kerala sont dĂ©jĂ allĂ©s Ă Kanha et vous les avez tous rencontrĂ©s, mais vous nâĂȘtes jamais venu dans notre centre.»
Je nâavais pas de rĂ©ponse et je ne voulais pas non plus argumenter. Il arrive parfois que des choses sortent du planning. Je nâavais pas prĂ©vu de venir ici, mais une chose amenant lâautre… et je sentais une telle attraction.
Jâai pu alors comprendre la sagesse contenue dans les paroles de Babuji: «Agissez de telle sorte que les MaĂźtres soient satisfaits et voyez ce quâils peuvent faire pour vous». Je pense que quelque part, dâune certaine façon, vous vous ĂȘtes tous Ă©levĂ©s dans cet Ă©tat et vous avez pu attirer leur attention. Le sitting de ce matin en dit long. Ceux dâentre vous qui voyagent avec moi, ceux dâentre vous qui ont lâhabitude de mes sittings Ă Kanha Ă©galement, savent quâils excĂšdent rarement 35 Ă 40 minutes. Aujourdâhui, câĂ©tait sans effort et, zou, une heure. JâĂ©tais tellement surpris! Aussi dois-je fĂ©liciter les pratiquants dâici pour une pareille condition et, quoi que vous fassiez, je vous prie de continuer Ă le faire de bon cĆur et dâessayer si possible de vous aventurer dans dâautres sphĂšres, dâautres dimensions oĂč nous attendent des conditions plus fines, des conditions raffinĂ©es.
Un de mes frĂšres me disait hier que les pratiquants locaux pratiquent avec beaucoup de zĂšle; ils lisent aussi beaucoup de livres et sont bien informĂ©s sur le Sahaj Marg. Je nâai donc que des Ă©loges Ă faire Ă ce centre et aux centres des alentours. Merci!
La paix est la condition prérequise pour des états supérieurs
La paix est la condition prĂ©alable au bonheur et elle lâest Ă©galement pour lâĂ©tat de Samadhi. Il y a divers Ă©tats de Samadhi, divers types de Samadhi, diverses dimensions de Samadhi, mais la condition prĂ©alable est toujours un cĆur en paix. Si nous essayons sans cesse de satisfaire des dĂ©sirs, ici et lĂ , Ă tout prix, le cĆur devient trĂšs agitĂ©. Aussi avons-nous besoin de nous focaliser sur lâessentiel et de le satisfaire. Ayant satisfait lâessentiel, tout le reste sâen trouve satisfait, car il y a rĂ©alisation du but. Une fois arrivĂ© Ă lâĂ©tat de Samadhi, dâautres stades de Samadhi nous attendent Ă©galement. Au dĂ©but, souvent avec une seule dose de transmission, nous nous perdons. Rappelez-vous votre premier sitting, le deuxiĂšme, le troisiĂšme et les suivants â ils Ă©taient tellement bons. Vous avez senti: «Oh, jâĂ©tais complĂštement loin! Il ne mâest jamais rien arrivĂ© de tel dans ma vie.» Nous Ă©crivons cela dans notre journal, mais ensuite lâĂ©tat de Samadhi qui ressemble Ă la pierre change Ă son tour. Lalaji Maharaj donne Ă lâĂ©tat oĂč on est pleinement absorbĂ© tout en Ă©tant conscient, le nom de Sahaj Samadhi, ou quatriĂšme Ă©tat, la condition Turiya. Dans la condition Turiya, nous nous sentons si absorbĂ©, si dĂ©tendu, tout en Ă©tant pleinement conscient. Il y a une autre dĂ©finition du yogi: celui qui peut sembler assoupi mais qui est pleinement absorbĂ© et pleinement conscient.
Le Sahaj Marg offre beaucoup plus que cela: ce que jâappelle lâĂ©tat Turiyateet dans lequel cet Ă©tat Turiya prĂ©domine au cours de nos activitĂ©s quotidiennes, se prolongeant au-delĂ des heures de mĂ©ditation. Vous pouvez ĂȘtre Ă lâĂ©cole, au travail, peut-ĂȘtre en train de cuisiner, peut-ĂȘtre en train de conduire ou de ne rien faire en regardant la tĂ©lĂ©, mais votre Ă©tat intĂ©rieur est si profond, comme si vous Ă©tiez en Ă©tat de mĂ©ditation.
Nous parlons souvent de la façon dont sont formĂ©s les samskaras; ils sont Ă©galement formĂ©s par cette loi de cause Ă effet. Quelque chose se produit et cela crĂ©e un effet. Je regarde une belle rose et mon regard est attirĂ© par sa beautĂ©. Plus tard, je repasse par-lĂ , et je veux la tenir dans ma main et je mâexclame: «Waouh, quâest-ce quâelle sent bon!» Le troisiĂšme jour jâai envie de la cueillir et de la ramener chez moi. Câest la cause et lâeffet, lâeffet de propagation.
Comment pouvons-nous en tirer parti dans la vie spirituelle? Laissons la condition de paix du cĆur créée par la mĂ©ditation, devenir la fondation dâautres Ă©tats en croissance: bonheur intĂ©rieur, contentement intĂ©rieur. Ce sont le rĂ©sultat dâun cĆur en paix qui produit Ă travers lâĂ©tat semblable au Samadhi, lâĂ©tat Turiya, lâĂ©tat Turiyateet. Nous devenons Ă prĂ©sent Ă©ligible Ă la fusion.
Lorsque la puretĂ© rĂšgne en maĂźtre, la simplicitĂ© est Ă son pinacle. Le cĆur pur peut devenir Ă©ligible Ă fusionner avec la puretĂ© ultime. Tant que nous entretenons des souhaits et des dĂ©sirs, que nous chantons nos propres louanges, y compris notre rĂ©ussite au Sahaj Marg, il ne se produira rien. Ce nâest que lorsque nous dĂ©passons tout cela que nous devenons vĂ©ritablement Ă©ligible Ă fusionner dans cette puretĂ© ultime que nous appelons Dieu. Câest une appellation prĂ©sumĂ©e, car personne nâa vu Dieu. Nous tenons cela pour acquis. Câest comme une hypothĂšse: soit nous supposons quâil est lĂ ou nous supposons quâil nâest pas lĂ . Eh bien de toute façon, quelque part au bout du compte, nous prouvons dans notre vie que «Oui! Il est absolument lĂ !» Et alors, nous entamons le voyage de telle façon que nous devenions apte Ă fusionner en Lui. Ce nâest quâaprĂšs la fusion que commence notre vĂ©ritable voyage spirituel. Jusque-lĂ nous ne faisons que prĂ©parer les fondations.
Nous avons la religion, la spiritualitĂ©, la RĂ©alitĂ© et Ă©galement la bĂ©atitude en abondance. La bĂ©atitude aussi devient trop pesante vers la fin et nous disons: «Dâaccord, je nâai plus rien Ă faire de la bĂ©atitude; je renonce Ă la bĂ©atitude.» Renoncer aux autres choses de la vie quotidienne qui viennent des samskaras est trĂšs facile, de mĂȘme que dâarrĂȘter de chanter nos propres louanges – comme on dit – ou dâabandonner lâego, transcender lâego, transcender maya. Ce sont de petites choses. La chose ultime, celle qui consiste Ă abandonner lâĂ©tat de bĂ©atitude, est un dĂ©fi. Mais Ă travers le Sahaj Marg, quand nous avons compris toutes les Ă©tapes, lâune aprĂšs lâautre, lâune menant Ă lâautre, cela se produira alors de la plus naturelle des façons. Il se peut que nous ne sachions mĂȘme pas que «Maintenant, je serre la main de Dieu.» Ă ce moment-lĂ aussi, cela semblera complĂštement normal, tout comme simplement respirer lâair. Cela ne demande pas beaucoup dâeffort. Lâosmose dans cette ultime puretĂ© se produira de façon si naturelle que nous nâen reviendrons pas. En fait, nous ne saurons mĂȘme pas que nous avons rencontrĂ© Dieu ou le Divin. Ces vibrations deviennent notre nature. Câest comme une goutte dâeau qui tombe dans lâocĂ©an. Elle nâexiste plus en tant que goutte dâeau et il ne reste plus de goutte dâeau pour reconnaĂźtre: «Oh! Je suis devenue lâocĂ©an.»
Je pense donc que nous avons une belle fin en perspective, mĂȘme sâil nây a pas de fin quand nous nous embarquons dans une vie spirituelle. Ce livre-lĂ peut ĂȘtre fermĂ© trĂšs joyeusement dans cette vie et nous pouvons dire: «Jâai fait ce que je devais faire. Je ne pouvais faire rien de plus et merci mon Dieu.» Et merci de votre Ă©coute, sĆurs et frĂšres.
Quâen est-il du changement social?
Daaji a conduit la méditation de groupe du soir puis, il a répondu aux questions de pratiquants:
Q: Cher Daaji, avec votre visite, lâĂ©tat du Kerala commence un nouveau voyage spirituel; un nouvel Ă©veil spirituel est en train de se produire. Ce matin, vous nous avez aussi dit que notre Ă©tat se trouve clairement sur la voie du progrĂšs. En mĂȘme temps, cet Ă©tat affronte Ă©galement des dĂ©fis sur diffĂ©rents plans â politique, social et Ă©conomique; et il est unique que lâinfluence des mĂ©dias soit trĂšs forte et que nous ayons un gouvernement orientĂ© Ă gauche. La question est: comment situez-vous cet Ă©tat sur la carte spirituelle ou lâĂ©chelle spirituelle? OĂč en sommes-nous? Quel avenir imaginez-vous pour lâĂ©tat du Kerala?
Daaji: Ă titre personnel je dirais que, lorsquâun individu nâest pas heureux, sa famille ne peut pas ĂȘtre heureuse. Lorsquâun individu nâest pas spirituel, lâensemble de la famille manquera de spiritualitĂ©. Voulez-vous ajouter la spiritualitĂ© et en faire un Ă©grĂ©gore? La spiritualitĂ© est individuelle et je ne peux mĂȘme pas forcer mon Ă©pouse Ă mĂ©diter. Bien sĂ»r peut-ĂȘtre mĂ©dite-t-elle, et vous pouvez demander Ă vos proches de mĂ©diter, peut-ĂȘtre vont-ils aussi coopĂ©rer, mais pensez-vous quâils mĂ©ditent Ă votre rythme, Ă votre niveau dâamour? Leur recherche est-elle vraiment sincĂšre, authentique?
Si nous ne pouvons pas parler en toute confiance de notre propre famille, comment pouvons-nous concevoir la destinĂ©e de lâĂ©tat tout entier? Les personnes spirituelles se mĂȘleront de leurs affaires, en sâacquittant du mieux possible de leur devoir envers la communautĂ© et lâĂ©tat; nous faisons simplement notre part du mieux que nous pouvons. Câest la raison pour laquelle Babuji a prescrit la priĂšre de 21 heures, pas seulement pour lâĂ©tat ou la famille, mais pour le monde entier. Je ne peux changer personne; le changement arrive de son plein grĂ©. Si lâautre personne voulait aussi changer, alors il y a une possibilitĂ©. Vous voyez?
Le scĂ©nario politique au Kerala et dans le monde entier est si corrompu. Comme les divisions communautaires ne cessent de sâaccroĂźtre, il y a tellement dâun cĂŽtĂ© et si peu de lâautre. Cela prend de lâampleur Ă©galement dans toute lâInde. LâĂ©cart sâĂ©largit et qui sait quand lâĂ©volution sâeffondrera et quand tous les Ă©lĂ©ments nĂ©gatifs seront lĂąchĂ©s.
Vous avez dĂ» savoir que pendant les fĂȘtes de Bharath, (NDT: la cĂ©lĂ©bration du premier jour de lâannĂ©e se dĂ©roule au Kerala le 13 et 14 avril), les logements de lâun de nos pratiquants ont Ă©tĂ© saccagĂ©s sans raison Ă Gwallior. Câest parce quâil appartenait Ă une certaine communautĂ© quâon a cassĂ© ses vĂ©hicules, brisĂ© ses fenĂȘtres et tout dĂ©truit. Il nây a pas que sa famille qui en souffre, mais tant dâautres. Nous sommes vraiment entrĂ©s dans une zone toxique pour notre vie terrestre. Mais faisons de notre mieux pour nos familles, pour nous-mĂȘmes et prions pour le reste.
La neuroscience du Samadhi
Q: Daaji, comment pouvons-nous progresser jusquâĂ lâĂ©tat de Sahaj Samadhi? Nous avons besoin dâun peu plus dâindications sur la façon dâatteindre lâĂ©tat de Turiyateet et dây demeurer en permanence.
Daaji: Les mĂ©thodes nous sont dĂ©jĂ donnĂ©es; nous nâavons quâĂ les appliquer dans notre vie quotidienne: la mĂ©ditation du matin, le nettoyage du soir et la priĂšre au coucher suffisent pour arriver Ă ces conditions Ă©levĂ©es. Lalaji Maharaj et Babuji Maharaj en ont parlĂ©.
Quâest-ce que Turiya? A nouveau, vous ne devriez pas ĂȘtre confus avec ce quâest Turiya en sanscrit. Dâun point de vue scientifique vous pouvez en faire une expĂ©rience â une expĂ©rience de conscience, une expĂ©rience dâattention. Pour faire trĂšs simple, je vais vous expliquer lâessentiel que sous-tend la mesure de lâactivitĂ© cĂ©rĂ©brale ou Ă©lectroencĂ©phalographe (EEG). Chaque fois que vous pensez, sâil y a de la colĂšre dans votre esprit, cela provoquera des impulsions Ă©lectromagnĂ©tiques dans votre cerveau, crĂ©ant un champ magnĂ©tique qui peut ĂȘtre mesurĂ©. Si vous pensez trop vite, on pourra mesurer cette vĂ©locitĂ©. Si vous ne pensez pas du tout, il y aura un niveau dâactivitĂ© mentale trĂšs bas, donc un niveau trĂšs bas dâactivitĂ© Ă©lectrique et de champ magnĂ©tique créé.
Ainsi, lorsquâil y a beaucoup de pensĂ©es, il y a un effet ondulatoire intense, si bien que lâaiguille de lâEEG se dĂ©place trĂšs rapidement. En revanche, lorsquâune personne est paisible, la mesure sera Ă©galement plus lente et plus calme. Quand vous lisez un livre que vous apprĂ©ciez, que vous Ă©coutez de la musique, ou que vous mĂ©ditez, elle ralentira. Pendant le sommeil, la frĂ©quence ralentit encore plus. Nous avons mesurĂ© lâEEG de quelques abhyasis qui pratiquaient la mĂ©ditation Sahaj Marg et cela reproduit exactement la condition de sommeil profond alors que la personne ne dort pas. Lorsque nous sonnons une cloche, la personne lâentend; elle est donc consciente mais son tracĂ© dâEEG est extrĂȘmement bas, comme si elle Ă©tait plongĂ©e dans un profond sommeil.
Dans la Gita, Krishna dit quâun yogi est quelquâun dont la conscience est dans un Ă©tat identique au sommeil alors quâil est en plein travail. Ainsi, notre mental travaille mais il est paisible â il ne court pas aprĂšs dix mille choses, il ne sâaffole pas, il ne rĂ©agit pas par des signaux rapides. Il Ă©volue lentement en pleine conscience. Câest donc ce qui se passe dans lâĂ©tat Turiya: vous acquĂ©rez lâĂ©tat du sommeil, tout en Ă©tant pleinement conscient de ce qui se passe Ă lâintĂ©rieur et Ă lâextĂ©rieur. Je ne parle pas de la prĂ©sence du MaĂźtre.
La condition Turiya est possible dans la mĂ©ditation Heartfulness mĂȘme pour une personne qui mĂ©dite pour la premiĂšre fois. Si on vĂ©rifie leur EEG, le tracĂ© indiquera le schĂ©ma de lâonde cĂ©rĂ©brale du sommeil profond. Dans lâensemble, je dirais que 99% de nos pratiquants sont capables dâapprĂ©cier les bienfaits de lâĂ©tat Turiya pendant la mĂ©ditation et que sâils font assez attention de maintenir leur condition aprĂšs la mĂ©ditation, ils peuvent le prolonger de sorte quâil devienne lâĂ©tat Turiyateet, les yeux ouverts. Et alors vous Ă©voluez dans la vie dans un Ă©tat de calme.
Le corps, le mental et lâĂąme
Q: Il est dit que les corps subtils vont avec lâĂąme, cependant la vie nâa dâexistence que lorsque le corps et lâĂąme sont unis. Pourriez-vous nous Ă©clairer sur ce concept?
Daaji: La premiĂšre chose que jâai apprise sur cette histoire de corps subtil câest en lisant VĂ©ritĂ© Eternelle de Lalaji Saheb. Il dĂ©crit merveilleusement la façon dont nous avons:
- Le corps physique, qui est la manifestation extérieure.
- Les corps subtils, qui sont nombreux, mais dont les quatre principaux sont: chit, manas, buddhi et ahankar.
- Le corps causal, le plus profond, cause de toute chose, karan de toute chose. Câest notre atman, et sans lâatman, oubliez les corps subtils et le corps physique.
Tous ces Ă©lĂ©ments sont nĂ©cessaires, et lâĂąme dans sa sagesse, choisit des parents, sâincarne et se manifeste sous une forme physique. Cette forme physique est indispensable, aussi devons-nous la maintenir en bonne santĂ©, permettant Ă ces quatre corps subtils de croĂźtre en parallĂšle. Alors lâĂąme pourra se rĂ©aliser.
Le but est quelque chose dâautre. Quand nous demandons âquel est le but de la vie?â nous pensons souvent Ă tant de concepts Ă©sotĂ©riques, mais selon mon cĆur, le but de la vie est simplement de faire Ă chaque instant le mieux que nous pouvons. Et quand vous parlez dâamĂ©liorer lâĂąme et sa qualitĂ©, pouvez-vous amĂ©liorer ce qui est dĂ©jĂ pur et Ă©ternel? Vous ne le pouvez pas. Elle est ce quâelle est.
Comment pouvons-nous amĂ©liorer le corps physique? Si nous accordons trop dâattention au corps physique, nous en serons prisonnier. Nous lui sommes dĂ©jĂ si fortement assujetti, et pourtant ce corps physique ne peut que vieillir et se dĂ©grader. Il suit son rythme naturel propre et ne peut Ă©voluer, il peut seulement vieillir.
Alors quel est lâobjet de cette Ă©volution, si elle ne concerne ni lâĂąme ni le corps physique? Elle concerne les corps subtils: chit, manas, buddhi et ahankar. Nous avons tous une conscience, nous avons tous un mental, nous avons tous un intellect, nous avons tous un ego. Lorsque ces quatre corps Ă©voluent peu Ă peu pour devenir ce que nous trouvons chez un saint, quâadvient-il dâeux Ă la fin?
La conscience est le champ dans lequel manas, buddhi et ahankar jouent leur rĂŽle. Quâadvient-il de manas? Le rĂŽle de manas est de penser et la pensĂ©e doit Ă©voluer du mental au cĆur. Câest tout un spectre dans lequel, au lieu de focaliser uniquement sur cet appareil pensant, nous laissons le cĆur assumer un rĂŽle plus actif. Les saints rĂ©pondent sans avoir Ă penser. Lâexemple que je donne souvent est celui dâun homme dâaffaires, dâun employĂ© de bureau ou dâun Ă©tudiant, qui a un problĂšme et reste perplexe pendant des mois dâaffilĂ©e. Sa mĂšre, sa sĆur ou son Ă©pouse va lui demander: «Quâest-ce qui ne va pas? Dis-moi ce qui te tracasse.» Lorsquâil se confie et dit: «Maman, voilĂ mon problĂšme», elle va immĂ©diatement suggĂ©rer une rĂ©ponse. Une Ă©pouse fournira Ă©galement une rĂ©ponse immĂ©diate Ă un problĂšme que vous avez ruminĂ© pour rien, pendant trois ou six mois. Bien sĂ»r la pensĂ©e a son propre rĂŽle, mais si vous pouvez ressentir la situation, vous pouvez obtenir une rĂ©ponse immĂ©diate.
Câest la mĂȘme chose pour lâintellect, nous pouvons intellectualiser sur tant de sujets, mais une fois que notre intellect dĂ©veloppe lâintelligence, nous devenons plus intuitifs, la sagesse se dĂ©veloppe et nous commençons Ă recevoir la guidance de lâintĂ©rieur. Il nây a plus besoin dâintellectualisation, les choses se rĂ©vĂ©lant dâelles-mĂȘmes.
Et quâen est-il de lâego? Tant que nous restons Ă©gotique, il nây a pas grand-chose qui puisse ĂȘtre accompli. Un mental Ă©gotique se prĂ©occupe uniquement de âmoi-mĂȘmeâ. Une personne Ă©gotique ne pensera pas beaucoup Ă Dieu. Câest un long chapitre.
LâĂ©volution conjuguĂ©e de ces trois corps permet Ă la conscience de grandir. Mais en fait, Babuji Maharaj met un bĂ©mol sur cet aspect de la conscience. Il dit quâalors que lâexpansion de notre conscience est bonne et que nous devons faciliter son Ă©volution, nous devons Ă©galement prĂȘter attention Ă quelque chose de bien plus important que cela. Il donne lâexemple des jouets que lâon donne aux enfants: les enfants ont besoin de jouets pour sâamuser et les adultes ont aussi leurs propres drĂŽles dâidĂ©es sur lâamusement. Les yogis Ă©galement gĂąchent leur sadhana et leur tapasya en jouant avec la conscience. Babuji nous invite Ă aller au-delĂ de la conscience au Sahaj Marg et Ă dĂ©couvrir ce quâest le potentiel derriĂšre la conscience; quel est le support de la conscience?
Il nous faut donc avancer petit Ă petit comme cela. Câest cette combinaison des corps subtils qui forme un amalgame avec lâĂąme et chemine dâune vie Ă lâautre. Les samskaras sont stockĂ©s dans ces corps subtils. Plus les samskaras sont supprimĂ©s, plus les corps subtils deviennent libres. Et lâĂąme trouvera sa propre libĂ©ration grĂące Ă ce processus. Merci.â
En lâespace de dix minutes, il a plu Ă verse, emplissant lâatmosphĂšre dâune fraĂźche brise et de joie. Comme si le propre pays de Dieu Ă©tait bĂ©ni une fois de plus!
Dimanche 8 avril: Aluva
Daaji sâest levĂ© tĂŽt et a conduit la mĂ©ditation. Son discours de clĂŽture tenait en un mot: «Merci.»
Un de nos frĂšres a demandĂ© Ă Daaji: «Quâest-ce que la possessivitĂ©? Pourquoi se manifeste-t-elle? Est-ce de lâamour ou de lâinsĂ©curitĂ©?»
Daaji a rĂ©pondu: «Ce nâest absolument pas de lâamour. Lâamour donne la libertĂ©.»
Il est reparti pour Bangalore pour rencontrer le nouveau membre de sa famille. Le voyage officiel se termine jusquâau dĂ©but du prochain!
Il se passe tant de choses en voyage qui ne peuvent ĂȘtre captĂ©es en mots, qui ne peuvent ĂȘtre captĂ©es en connaissance. On peut toujours rester ajustĂ© intĂ©rieurement et expĂ©rimenter.
